Le web en général et plus particulièrement le web 2.0 encouragent-ils l’individualisme social et les pratiques sociales centrées sur l’individu ?
C’est ce que semble affirmer Didier Heiderich « Même si les histoires collectives sont nombreuses et les contre-exemples innombrables, l’explosion du nombre de blogs démontre la tentation narcissique qui règne sur le réseau, avec pour miroir le compteur des liens, des commentaires et des votes […]. Pour exister, l’individu numérique, tyrannisé par le temps, doit produire, consommer et relayer de l’information [...]. Le syncrétisme « urgence-omniprésence » l’oblige à tout savoir, à tout commenter, à tout noter, à répondre à toutes les sollicitations, à avoir toujours raison, tout de suite […] Certains abandonnent, d’autres s’acharnent, avec le « clic de plus » pour seul espoir de remplir leur fonction de producteur d’information, et en définitive leur existence subalternisée. C’est alors que la misère numérique s’installe, l’addiction aussi : combien d’individus normalement constitués, brillants, cultivés, sombrent dans le commentaire futile, propagent une rumeur sans en avoir vérifié le fondement, votent contre un article sans l’avoir lu, répondent à un mail en omettant la courtoisie la plus élémentaire ?».
Les blogs ne seraient selon lui que le moyen d’exister sur le réseau, peut importe ce que l’on a à dire ou à offrir à la communauté. Cette vision semble devoir être pondérée par le nombre élevé de blogs dont les informations sont uniques et dont les auteurs se révèlent être très novateurs.
Le web social est il réellement participatif ?
Jacob Nielsen estime que «In most online communities, 90% of users are lurkers who never contribute, 9% of users contribute a little, and 1% of users account for almost all the action. ». 1% des utilisateurs seraient donc les principaux acteurs du web, alors que 90% ne contribueraient jamais et seraient de simples spectateurs.
Bill Lancer de Hitwise de son coté, affirme que « seulement 0.16% des visiteurs de YouTube viendraient y déposer des vidéos, et 0,2% des visiteurs de Flickr viendraient y déposer des photos. ».
Ces chiffres semblent mettre en péril l’aspect participatif du web social. Cependant il faut prendre en compte d’autres aspects de la participation. En effet, la participation ne se résume pas à la création de l’information, le relais de l’information peut être également considéré comme un acte de participation, de même que le débat d’idée en dehors de la sphère internet.
Le web 2.0 est il mort né ?